Le Gaumont-Palace en 1911
Le Gaumont-Palace en 1911
© collection Roger-Viollet





Tommy Desserre
Tommy Desserre en 1931
© famille Desserre




L’Association AVROC a pour but de :

• Promouvoir l’orgue de cinéma, son répertoire et sa facture, et plus particulièrement l’Orgue Christie installé au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne (et provenant de l'ancien Cinéma Gaumont-Palace à Paris) en organisant des concerts et évènements musicaux.
• Favoriser ou mettre en œuvre l’initiation et la formation d’organistes.

--> Télécharger les statuts de notre association (loi 1901)

Histoire

Il n’y a jamais eu beaucoup d’orgues de cinéma en France, et aujourd’hui le seul instrument qui soit encore accessible au public, et qui est aussi le plus important de tous ceux qui ont été installé dans l’hexagone est voué à l’abandon.

Cet orgue dont il reste une petite trace dans la mémoire des Français (particulièrement des Parisiens), est celui du cinéma Gaumont-Palace de Paris. Construit par Hill Norman and Beard en 1930, cet orgue « Christie » à été inauguré en 1931 lors de la réouverture du Gaumont-Palace après des travaux de rénovation et de modernisation de la salle.

Malgré la taille très impressionnante de la salle qui pouvait accueillir plus de 6000 spectateurs, l'instrument était relativement modeste, 15 rangs sur 4 claviers (tuyauterie et machinerie étaient installées à 30 mètres au-dessus de la scène). Cette petite taille ne l'empêchera pas cependant de devenir l'une des attractions préférées des parisiens lorsqu’ ils se rendaient au Gaumont-Palace.

En 1930, le cinéma parlant était de plus en plus présent, et bien qu’ayant accompagné tout de même quelques films muets à succès (Chaplin, Senett, etc…), l’orgue Christie du Gaumont Palace trouvera majoritairement sa place et ce, jusqu'à sa fermeture, au moment des entractes. On y entonnait alors les airs à la mode, accompagnait la danse des « girls », ou bien devenait plus concertant en jouant avec un grand orchestre.

Originellement plaquée en palissandre, et placée au milieu de la scène, habillée tout de blanc, cette imposante console montait et descendait sous les lumières colorées des projecteurs. Tout devait contribuer au spectacle et à l'émerveillement des spectateurs.

L'organiste qui marqua le plus les esprits et dont la plupart se souviennent, fut Tommy Desserre. C’est lui qui restera le plus longtemps au Gaumont-Palace. Mais il ne faut pas non plus oublier Georges Ghestem, Simone Bernard et pour finir Gilbert Le Roy, qui se succédèrent également à ces claviers !

Malgré ses 6000 places et son titre de cinéma le plus grand d'Europe, le Gaumont-Palace se vide petit à petit, l'espace qu'il occupe intéresse d'autant plus promoteurs et autres investisseurs. Et ce qui devait arriver, arriva. Le Gaumont-Palace ferme définitivement ses portes en 1972 et est voué à la démolition, sans que l'on se préoccupe du devenir de l'orgue. Il était donc prévu qu'il disparaisse avec la salle !
Si aujourd'hui cet instrument est encore parmi nous, c'est grâce à la folie (ou plutôt devrait on dire au génie !) d'Alain Villain, qui, prit de passion sauvera et démontera l'instrument à ses propres frais, avant quoi il sollicitera une dernière fois Tommy Desserre pour enregistrer un disque, et tourner un film.

Avec l'aide d'artisans couvreurs et du facteur d'orgues Jacques Probst, l'instrument sera démonté en quelques jours juste avant le début de la démolition.
L'instrument sauvé in extremis, sera entreposé pendant 5 longues années, jusqu'en 1976 où il sera vendu aux enchères et acheté par la ville de Nogent-sur-Marne (il sera classé Monument Historique le matin même de la vente !). Remonté par Bernard Dargassies de 1978 à 1979 au Pavillon Baltard (anciennes halles Parisiennes du célèbre architecte Français transformée en salle de spectacle), il passera là de belles années à accompagner de nombreuses soirées et autres galas en tout genre (plus de 1000...) sous les doigts de Gilbert Leroy et Simone Bernard au début puis de Bernard Dargassies, nommé organiste en résidence en 1985.

John Mann, Robin Richmond et Marie-Madeleine Duruflé y ont donné des récitals, sans parler de l'inauguration où l'on put entendre Pierre Cochereau notamment.

Hélas depuis 2004, l'instrument est de moins en moins joué, de moins en moins entretenu jusqu'à ne plus l'être du tout.

                  

                  

                  

                  

                  

                  





Le Gaumont-Palace en 1931
Le Gaumont-Palace en 1931
© collection Roger-Viollet